Château de Villiers les Maillets

Château de Villiers les Maillets

Château de Villiers les Maillets, château de Château (Curiosités)
Mairie : 1 place de l'Église

Le château de Villiers-les-Maillets à Saint-Barthélemy : une demeure du XVIIIe siècle

À Saint-Barthélemy, en Seine-et-Marne (77), le château de Villiers-les-Maillets se distingue par son architecture néoclassique et son histoire seigneuriale. Le bâtiment actuel fut construit pour Antoine, comte Daguin de Villette, par l’architecte parisien Firmin Perlin, dont la carrière fut brève mais marquée par plusieurs réalisations de qualité. Le gros œuvre était achevé en 1775, sous le règne de Louis XVI. Le château remplace une ancienne forteresse féodale, dont subsistent encore des éléments visibles dans le domaine. Cette superposition de périodes est l’une des particularités du lieu : une résidence élégante du XVIIIe siècle s’élève à l’emplacement d’un site fortifié plus ancien. Le château est une propriété privée. Il ne faut donc pas prévoir une visite intérieure sans autorisation. Pour approfondir son histoire, le dossier du Patrimoine de l’entre-deux-Morin consacré au château de Villiers-les-Maillets rassemble des recherches historiques détaillées sur le domaine et ses propriétaires successifs.

De Daguin de Villette à la marquise de Flamarens

Antoine Daguin de Villette acquiert le fief le 18 décembre 1761, auprès de François des Cressonnières. Il commande ensuite la construction du château qui donne aujourd’hui au domaine son identité architecturale. À son décès, en 1803, la propriété change de mains. Dès 1804, Élisabeth-Olympe-Louise-Armande-Félicité du Vigier, marquise de Flamarens, acquiert le domaine. Son parcours est remarquable : liée à la cour de Versailles, elle fut dame chargée d’accompagner Madame Adélaïde, fille de Louis XV. Elle s’attache au château et organise sa transmission à Élisabeth-Caroline Barnet, qui épousera le comte de Mastin. En 1819, la propriété est prévue comme partie de la dot de cette dernière. Le comte de Mastin devient ensuite maire de Saint-Barthélemy, fonction qu’il exerce pendant plusieurs décennies au XIXe siècle. Leur fille, Alix de Mastin, hérite à son tour du domaine, avant de le léguer à son cousin Étienne Bessot, comte de Lamothe. Le château reste dans cette famille jusqu’en 1995, date à laquelle la famille Laurence, issue de plusieurs générations d’architectes, en devient propriétaire. Cette succession illustre la continuité des grandes propriétés rurales et leur rôle dans la vie politique locale. Une étude particulièrement documentée est disponible dans l’article Les châteaux voisins de Launoy-Renault et de Villiers-les-Maillets.

Une architecture néoclassique, des douves et une tour médiévale

Le château de Villiers-les-Maillets présente un corps de logis d’un étage surmonté de combles. Sa façade principale s’organise autour d’un avant-corps central en saillie, couronné par un fronton curviligne. Les ouvertures sont encadrées de moulures raffinées, tandis qu’une corniche à modillons souligne le pourtour du bâtiment. Ces détails produisent un jeu d’ombres et de lumière qui caractérise le style néoclassique de la fin du XVIIIe siècle. Le domaine conserve aussi les traces de son passé fortifié. À proximité du château se dresse une tour circulaire médiévale, vestige de l’ancienne forteresse féodale. Les douves en eau et l’ancienne maison du garde-chasse complètent cet ensemble. Une chapelle fut ajoutée à la fin du XIXe siècle par Étienne Bessot, comte de Lamothe. Le château actuel associe donc plusieurs strates architecturales : les défenses médiévales, la résidence aristocratique de 1775 et les aménagements plus tardifs. Cette diversité explique son intérêt pour l’histoire de l’architecture en Brie. Les documents d’archives départementales conservent également des plans anciens du domaine, notamment un plan des bois dressé en 1843 pour le comte de Mastin. Cette pièce témoigne de l’importance du parc et des terres agricoles qui dépendaient alors de la propriété.

Visiter les environs du château de Villiers-les-Maillets à Saint-Barthélemy

Le château étant privé, la découverte se prépare avant tout à travers les ressources historiques et une promenade respectueuse dans le secteur, sans pénétrer sur le domaine. À Saint-Barthélemy, l’église paroissiale constitue un autre repère patrimonial. Elle conserve notamment des fonts baptismaux anciens et une dalle funéraire portant la mémoire de deux prêtres. Le village s’inscrit par ailleurs dans le paysage de la vallée du Petit Morin, où les chemins ruraux relient les hameaux, les prairies et les bois. À quelques kilomètres, le château de Launoy-Renault à Verdelot offre un autre témoignage de l’histoire seigneuriale locale. Les deux domaines sont séparés d’environ 2 km à vol d’oiseau, un voisinage qui a joué un rôle dans leurs histoires respectives, notamment à travers les liens familiaux et les alliances matrimoniales. Pour prolonger cette découverte, consultez l’étude Les châteaux voisins de Launoy-Renault et de Villiers-les-Maillets et les documents conservés par les Archives départementales de Seine-et-Marne. Entre architecture néoclassique, vestiges médiévaux et histoire des familles aristocratiques, le château de Villiers-les-Maillets reste un témoin précieux du patrimoine rural de Saint-Barthélemy.

© Céphée Net 2026