
Bellot
Un village de la Brie au fil du Petit Morin
Un village étagé entre le fond de vallée et les hameaux du plateau
Située dans l’est de la Seine-et-Marne, au cœur de la Brie des Morin, Bellot s’organise entre le bourg installé dans la vallée du Petit Morin et douze hameaux sur le plateau, dont Doucy, Doucy-Aval, Saincy, Champ-Martin, Retourneloup et Launoy-Brûlé. La commune s’étend sur 16,36 km². D’après l’INSEE, elle compte 777 habitants en 2023. Sur la série historique depuis 1968, son minimum est de 487 habitants en 1975, tandis que son maximum est de 792 en 2007. Après cette croissance, la population s’est stabilisée autour de 780 habitants. Le nom de Bellot est attesté sous différentes formes anciennes : Belo en 1112, Ecclesia de Belloy en 1145, puis Bello en 1325. La communauté de communes rattache son nom au latin betulla, le bouleau, arbre autrefois abondant dans la région.
Sources : INSEE et Communauté de communes des Deux Morin.
Saint-Loup, école ancienne, lavoirs et souvenirs du « Tacot »
L’église Saint-Loup, construite aux XIIe et XIIIe siècles puis remaniée aux XVe et XVIe siècles, conserve des fresques murales et un aménagement intérieur du XVIIIe siècle. Une inscription rappelle qu’en 1767 le curé Le Sourd finança des travaux de rénovation. L’école possède elle aussi une histoire documentée : en 1842, elle accueillait 70 enfants en hiver mais seulement 30 en été, les autres aidant leurs familles aux champs ; en 1851, l’effectif atteignait 120 élèves dans une salle de 42 m². Le patrimoine quotidien est tout aussi parlant : à partir de 1895, la commune entreprit la construction de lavoirs publics, puis en aménagea six autres dans différents hameaux. Le « Tacot de la Vallée », ligne départementale reliant Montmirail à La Ferté-sous-Jouarre, desservit Bellot à partir de 1889 ; sa gare fut construite en 1904 et la ligne ferma en 1947. Quant aux moulins, les archives communales évoquent notamment le moulin des Brus et l’ancien moulin du Fourcheret, remplacé par une scierie.
Sources : histoire municipale et église Saint-Loup.
Des sabotiers aux vanniers, puis à l’industrie du cidre
Au XIXe siècle, Bellot vivait largement de l’agriculture, mais aussi d’un artisanat lié aux ressources locales. Vers 1850, la commune comptait environ 45 sabotiers à plein temps et autant à temps partiel ; en 1890, la production atteignait encore 40 000 paires de sabots par an. La vannerie prit ensuite le relais : entre 1927 et 1931, près de 90 vanniers, dont 76 habitants de Bellot, fabriquaient paniers, valises et malles en osier. Le chemin de fer facilita l’expédition de ces produits vers Paris. Autre acteur majeur, la cidrerie Mignard, développée à partir du début du XXe siècle, transforma la production locale de pommes en activité industrielle et devint un employeur important du secteur. Aujourd’hui, l’économie repose davantage sur les petites entreprises, les services et les commerces. La mairie recense notamment Au p’ti Bellot, épicerie avec dépôt de pain, L’Assiette Gourmande, restaurant-bar-tabac, et BCI – Brie Champagne Industrie, spécialisée dans la chaudronnerie.
Sources : histoire économique communale et liste des professionnels de Bellot.
Le Petit Morin : paysage de vallée et tourisme de proximité
Bellot est directement située dans la vallée du Petit Morin, qui structure le paysage et relie le bourg aux coteaux et aux plateaux agricoles. Les promenades et itinéraires de randonnée permettent de découvrir les hameaux, les bois et le patrimoine vernaculaire, notamment les lavoirs, dont celui de Retourneloup a été restauré grâce à l’engagement d’habitants. Un équipement illustre aussi l’initiative locale : la piscine imaginée par Ariel Mignard fut creusée en 1943 avec l’aide de jeunes sportifs et de maçons de la cidrerie ; agrandie en 1968, elle est devenue la piscine intercommunale qui porte son nom. Elle constitue un repère de l’histoire sportive du territoire, même si le site intercommunal la signale actuellement fermée temporairement pour travaux. Bellot se prête donc à une visite mêlant patrimoine rural, mémoire industrielle et découverte des paysages du Petit Morin, plutôt qu’à un tourisme de grands monuments. Avant de prévoir une sortie, il est conseillé de consulter les informations municipales sur les randonnées, les lavoirs accessibles et la réouverture des équipements.
Sources : communauté de communes et histoire de la piscine Ariel Mignard.

