Moulin du Gouffre
Installé sur le Petit Morin, à Saint-Cyr-sur-Morin, le Moulin du Gouffre appartient à l’ancien patrimoine hydraulique de la vallée. Son nom est encore conservé dans la toponymie locale, notamment avec la rue du Gouffre, dans le secteur de Biercy. Le site du Gouffre est également identifié comme une île du Petit Morin, témoignant d’un paysage autrefois fortement façonné par les bras de la rivière et ses aménagements hydrauliques.
Comme les nombreux moulins qui jalonnaient autrefois le Petit Morin, le Moulin du Gouffre profitait de la force de l’eau pour mettre en mouvement ses mécanismes. Il s’inscrivait dans un réseau de moulins particulièrement dense dans cette vallée, où l’énergie hydraulique a longtemps été utilisée pour les activités rurales et artisanales. À Saint-Cyr-sur-Morin, il côtoyait notamment d’autres établissements , tels que les moulins de Chavigny, des Archets et de Biercy.
Le Moulin du Gouffre constitue ainsi un témoignage de cette ancienne économie de la rivière : un monde dans lequel le moulin, son bief, ses vannes et les terres qui l’entouraient formaient un ensemble indissociable. La permanence de son nom et de son emplacement rappelle aujourd’hui l’importance qu’eurent les moulins dans la vie de la vallée du Petit Morin.
Le Moulin du Gouffre est donc moins un simple bâtiment qu’un élément d’un paysage hydraulique disparu ou profondément transformé, où la rivière constituait à la fois une force motrice, une voie de communication et un élément structurant du territoire.
Les Archives départementales conservent un dossier particulièrement précieux daté de 1763-1783. Anne-Barbe de Courcelles, veuve d’Arnoul de Ville et dame de La Brosse-Saint-Ouen, demande alors la reconnaissance de l’état des vannes, vannages, écluse et glacis du moulin. Une expertise doit être menée sur place.
Cette pièce est importante car elle montre que le moulin n’était pas simplement un bâtiment de production : son fonctionnement dépendait d’un ensemble complexe d’ouvrages hydrauliques dont l’entretien était juridiquement contrôlé.
Un autre dossier conservé dans les archives du domaine de La Brosse concerne le déversoir du Moulin de Chavigny en 1817.
Le moulin possède donc une histoire hydraulique documentée au moins depuis le XVIIIe siècle et probablement antérieure.




