Tacot CBR d’Épernay à Montmirail
Le chemin de fer métrique de Champagne
La ligne métrique reliant Épernay à Montmirail appartenait au réseau des Chemins de fer de la Banlieue de Reims, plus connus sous le sigle CBR. Elle faisait partie de ces lignes secondaires construites pour desservir les campagnes champenoises et permettre aux villages éloignés des grandes lignes d’accéder aux principaux centres urbains.
Montmirail représentait pour cette ligne un terminus particulièrement intéressant. La ville était déjà desservie par le CFD venant de La Ferté-sous-Jouarre et par la Compagnie de l’Est. L’arrivée du CBR renforça donc considérablement son rôle de carrefour.
La ligne permettait notamment le transport des voyageurs, du courrier, des produits agricoles et des marchandises. Dans cette région, les activités agricoles et viticoles représentaient une part importante du trafic. Les trains métriques, plus légers que ceux du grand réseau, pouvaient desservir des communes qui n’auraient pas justifié la construction d’une ligne à voie normale.
Le parcours reliait le secteur d’Épernay aux communes rurales situées entre la Champagne viticole et Montmirail. Les infrastructures étaient plus modestes que celles du réseau de l’Est : petites gares, haltes, voies établies parfois en accotement routier et bâtiments adaptés à un trafic local.
Gares et arrêts
Le parcours principal comprenait notamment :
Épernay – Magenta – Mardeuil – Pierry – Moussy – Brugny-Vaudancourt – Oger – Fèrebrianges – Étoges – Fère-Champenoise – Montmirail, avec diverses haltes intermédiaires selon les périodes d’exploitation.
À Montmirail, la gare CBR était distincte des deux autres gares. Cette séparation était nécessaire car le CBR, comme le CFD, fonctionnait à voie métrique, alors que la ligne de l’Est utilisait l’écartement normal de 1,435 m.
Le CBR ouvrait donc Montmirail vers la Champagne et Épernay, tandis que le CFD ouvrait la ville vers la vallée du Petit Morin et La Ferté-sous-Jouarre. La ligne de l’Est assurait quant à elle la relation avec le réseau national.
Le développement du transport routier porta un coup particulièrement important aux chemins de fer métriques. Les autobus et les camions offraient progressivement davantage de souplesse et de rapidité. Les lignes secondaires furent donc supprimées au cours du XXe siècle.
L’histoire du CBR est cependant indispensable pour comprendre Montmirail. La ville n’était pas simplement desservie par une ligne secondaire : elle se trouvait au croisement de plusieurs réseaux ayant chacun leur propre vocation géographique.




